Partager l'article ! Perfect Sense, c'est quand même touchant: Date ...
Tout d’abord, il y a cette voix-off qui, du début à la fin, narre la déchéance de notre chère espèce, vouée à perdre chacun de ses sens l’un après l’autre. C’est vraiment étrange mais dans cette dimension qu’arbore le film, j’ai beaucoup pensé à un film de zombies auxquels on aurait enlevé le côté « monstruosité ambulante ». Toute cette décadence qui s’empare de chaque être humain est construite par étape, ce que ne manque pas d’exprimer Eva Green, la voix-off en question. J’avais déjà vu l’actrice dans Dark Shadows, où elle avait un rôle plutôt mauvais, et on peut constater qu’il y a un grand écart entre les deux performances. D’une sorcière chaude bouillante à une épidémiologiste mélancolique, c’est sûr qu’il y a une légère différence. Sans livrer une interprétation transcendante, Eva Green reste néanmoins assez bonne (ne pas vous méprendre, messieurs) aux côtés d’Ewan McGregor qu’on connaît plutôt bien. Bien entendu, l’un ne va pas sans l’autre et tous deux sont à la base d’une superbe histoire d’amour qui aurait pu s’avérer cruellement banale si elle n’était pas ancrée dans une telle situation (l’éventuelle fin du monde que laisse suggérer l’arrivée du « virus »).
De fait, lorsque ces deux êtres indubitablement faits l’un pour l’autre se rencontrent, le ton dramatique du film s’accentue d’autant plus que l’on nous rappelle que la fatalité est directement associée à l’amour. Là où se situe le point fort du film, c’est dans cette descente aux enfers apocalypto-poétique où l’on a affaire à ce virus fort atypique qui peut soudainement causer de grosses crises d’hystérie chez les personnes atteintes. Ce crescendo est mis en scène de façon très juste, parvenant à rester canalisé pour exploser aux bons moments. Le tout dans une esthétique un peu froide, qui apporte à cet univers apocalyptique une certaine touche médicale qui s’accorde on ne peut mieux avec l’idée du virus. De même que la très belle musique rentre en concordance avec l’histoire de ces deux protagonistes jusqu’à une fin touchante.
En conclusion, Perfect Sense est une très bonne surprise, pleine de poésie qui apporte une nouvelle version de la fin du monde. Rien de plus à ajouter.
Note : 8/10